Et l'on ne peut pas compter sur les patrons, les évêques ou les journalistes pour louer la scientificité de travaux qui dévoilent les fondements cachés de leur domination et pour travailler à en divulguerles résultats. Les contributions présentées ici ont été rassemblées à la suite d’un colloque intitulé « Penser l’espace en sociologie », tenu à Tours en 2014. Citons notamment : Espace et théorie sociologique de Jean Remy ; L’espace en question de Raymond Ledrut (1976) ; La production de l’espace de Henri Lefebvre ; L'architecture, les aventures spatiales de la raison de Henri Raymond (1984). Et cela bien sûr en récusant une appréhension du territoire des émotions sur le mode essentiellement naturaliste (ce qui nous conduirait vers la psychologie ou les neurosciences) mais en prenant également distance avec les travaux de Maurice Merleau-Ponty, en particulier sa propension à « purifier » – c’est-à-dire à leur prêter un statut décontextualisé, logiquement antérieur à toute contextualisation, que les aménagements et savoirs de l’espace contribuent à transformer, à dénaturer, à médiatiser… mais à nous en déconnecter – certaines expériences spatiales intrinsèquement liées au corps, comme les expériences de la forme, de la grandeur, de la gauche et de la droite, du haut et du bas, ou encore de la profondeur. Accueil > SociologieS > Dossiers > Penser l'espace en sociologie > Postface au Dossier « Penser l’es... 1Que peuvent avoir en commun des articles portant sur la mémoire des bidonvilles, sur les pratiques sexuelles en milieu carcéral, sur les processus participatifs au sein des nouveaux mouvements sociaux, sur la spatialité des parcours de vie des SDF, sur les formes socio-spatiales qui se construisent pour faire de Roubaix une « centralité populaire », sur les scénographies muséales, sur le caractère réversible ou irréversible des mobilités en contexte de compression de l’espace-temps… ? L’appel à communication porte sur trois grandes questions. 5Les divers textes de ce Dossier me semblent plaider pour ce que j’appellerai – en me rendant bien sûr compte de la difficulté des termes – une « phénoménologisation » de la question de l’espace. Pour simplifier on dit qu’il existe 2 grands paradigmes en sociologie, c’est-à-dire 2 manières de penser la société. Une consistance qui se marque par l’instauration progressive de routines, par des solidarités, des confiances accordées ou retirées, par des assurances progressivement acquises, le tout s’inscrivant dans l’espace, supporté par lui. 15Un programme dont six dimensions interconnectées pourraient transparaitre, les premières se situant en continuité avec ce qui vient d’être développé, les suivantes prenant en compte ce qui vient d’être souligné à propos de « de qui on parle ». L’expérience spatiale ne peut donc pas se réduire à une connaissance. Précis de sociologie de l'émancipation, Paris, Éditions Gallimard. Ferry J.-M., (2004), Les Grammaires de l’intelligence, Paris, Éditions Cerf. C’est cette réflexion que nous souhaitons reprendre aujourd’hui, en montrant ce qui fait son actualité. DI-fusion. C'est pourquoi la sociologie des émergences remplace l'idée mécanique de détermination par l'idée axiologique de soin (care). sociologie tandis que la seconde se focalise sur un champ particulier de la sociologie : la santé. En raison de cette dimension éthique, ni la sociologie des absences ni la sociologie des émergences ne sont des sociologies conventionnelles » (De Sousa Santos, 2011). Au-delà de cette variabilité se dessinent toutefois des traits communs qui tiennent moins aux thématiques abordées qu’aux intérêts de recherche qui en justifient l’abord. Évolution du concept d'espace en sciences sociales. 2Sans doute faut-il interroger alors les raisons de cet assemblage et saisir ce qu’il entend nous faire appréhender. Luca Pattaroni. Theoretical issues and research practices, Enjeux théoriques et pratiques de recherche, Published on Friday, December 27, 2013 by Julie Abbou. Que les expériences spatiales déniées, refoulées, oubliées, oppressées se vivent dans la sensibilité n’implique évidemment pas qu’elles soient idiosyncrasiques, purement personnelles. Ce que nous montrent ces extrêmes nous invite à reconsidérer aussi sous cet angle les situations les plus banales, les plus habituelles. Appliqué à la sociologie, ce dualisme de l'espace et des corps implique l'hypothèse que l'espace existe indépendamment de l'action. Dardot P. & C. Laval (2015), Commun. Penser l’espace en sociologie [Texte intégral] Introduction au Dossier. Intègrent-ils, et si oui de quelles manières, les apports d’autres disciplines (SHS, philosophie, mais aussi mathématiques ou physique) à leurs démarches ? Par exemple, lorsqu’il évoquait l’espace vécu, Henri Lefebvre le renvoyait très directement aux représentations, images, symboles… que les acteurs y associent, là où l’espace perçu renvoyait, lui, plutôt à la matérialité des choses qui occupent et structurent l’espace, et là où l’espace conçu était celui des concepteurs et aménageurs… Cette conception lui permettait de penser que les développements du capitalisme étaient en train de provoquer une sorte d’appauvrissement, d’« écrasement » de l’espace vécu au travers de la montée en puissance de l’espace conçu, celui des urbanistes, des constructeurs, des planificateurs… interdisant toujours davantage aux acteurs de se projeter, de projeter leurs imaginaires, leurs rêves dans l’espace. Note portant sur l’auteur1 « […] les phénomènes d’action collective ont donc d’abord retenu l’attention des historiens et des psychologues, puis des économistes et enfin des sociologues, bien avant que la science politique ne s’en préoccupe. Elements for a pragmatic of the space and the common. DI-fusion, le Dépôt institutionnel numérique de l'ULB, est l'outil de référencementde la production scientifique de l'ULB.L'interface de recherche DI-fusion permet de consulter les publications des chercheurs de l'ULB et les thèses qui y ont été défendues. Cela signifie que dans la logique de l'espace conteneur, il y a des actions en mouvement dans ou sur un espace qui est immobile (arrière-plan). The sociological weft of space. Abstract. 26(3) Mais ce sur quoi je souhaiterais attirer l’attention c’est, à propos de ce texte mais aussi d’autres contributions au Dossier, cette dimension d’attention politico-éthique, cette dimension de « soin », de care, qu’évoque Boaventura De Sousa Santos. Comment dialoguent-ils avec les diverses disciplines qui s’intéressent à l’espace (de l’éthologie à l’ergonomie, en passant par la géographie et l’esthétique) ? 2 Textes de références M. De Certeau, L'invention du quotidien, Paris, Gallimard, 1980 P. Bourdieu, Espace social et genèse des classes, Actes de la recherche en sciences sociales, 1984, vol 52, p. 3-14 C.W.J Withers, Place and the « Spatial Turn » in geography and in history, Journal of the history of the ideas, vol 70, n°4, 2009, p. 637-658 Dans ces expériences, se nouent clairement enjeux spatiaux et enjeux socio-politiques (Dardot & Laval, 2014), en particulier dans la mesure où une des focales principales de la lutte porte sur le statut du foncier, sur son appropriation privative, la propriété privée étant la forme de « socialisation » de l’espace, liée à la logique du marché, à laquelle il s’agit de s’opposer. L'espace perd-il de son importance dans la structuration des sociétés humaines ? Construire une sociologie de l’espace qui serait une sociologie des absences (des expériences déniées, refoulées, oubliées, minoritaires…) et des émergences (des expériences autres). Ici, cette définition est proche du design. Cette phrase renvoie très directement aux travaux d’Henri Lefebvre qui, comme chacun s’en souvient, évoquait dans son approche triadique de l’espace, l’espace « vécu » à côté des espaces « perçu » et « conçu ». Du 3 juillet 2014 au 4 juillet 2014 Autrement dit, comment la prise en compte des dimensions spatiales des phénomènes sociaux contribuent-elle à éclairer (autrement) ces phénomènes ? 24Cela me fait penser à l’exemple de la multiplication actuelle des expériences qui se revendiquent des « commons ». Et, bien sûr, lorsque nous proposons une approche socio-cognitive des émotions, c’est en ne calquant pas l’idée de « cognition » sur celle de « connaissance » avec tout ce que cela présupposerait d’objectivation. Parce que ce que font les orientations spatiales portées par l’action publique demeure toujours partiellement indéterminé, la question des pratiques et des usages revêt une importance cruciale. 25(2) Le texte est signé au nom d’un collectif. Ces sociologues de l’espace, fortement inspirés par leur culture philosophique, ont eu le mérite d’affirmer qu’une théorisation de l’espace devait être au centre de la sociologie urbaine et de la sociologie en général. Essai sur la révolution du XXIe siècle, Paris, Éditions La Découverte. L’héritage sociologique des années 1960-70 nous a habitués à comprendre l’institution sous ses formes stabilisées plutôt que sous ses formes dynamiques, processuelles. Postface au Dossier « Penser l’espace en sociologie » By Jean-Louis Genard. Voulant sans doute, sans en nier ni l’intérêt ni la pertinence, prendre le contrepied de postures privilégiant une vision de l’espace « en extériorité », en « structures ». Nouvelle édition [en ligne]. Alors que, dans la sociologie des absences, l'axiologie du soin est mise en articulation avec les alternatives déjà disponibles, dans la sociologie des émergences, elle est mise en articulation avec les alternatives possibles. Quelles sont les nouvelles formes spatiales de la stratification sociale ? Descombes V. & C. Larmore (2009), Dernières nouvelles du moi, Paris, Presses universitaires de France. Le comité de recherche « Sociologie urbaine. À bien le lire, il apparaîtrait comme s’inscrivant parfaitement à la fois dans une sociologie des absences et dans une sociologie des émergences. Précisément, il met en jeu, dans la dynamique spatio-temporelle du déplacement, sa capacité à configurer (c’est-à-dire à mettre en forme) l’environnement dans lequel il chemine et sa motricité (c’est-à-dire, au sens phénoménologique du terme, la manière dont il habite l’espace au moyen de son corps et de ses sens) » (Thomas, 2004). J’ai tenté d’y voir des positionnements communs au-delà des profonds écarts thématiques. L’espace apparaît-il comme un facteur, une variable que l’on prend en compte –et dans ce cas, de quelle manière ? Voir la notice dans le catalogue OpenEdition, Plan du site – Mentions légales & crédits – Flux de syndication, Nous adhérons à OpenEdition Journals – Édité avec Lodel – Accès réservé, Revue internationale des sociologues de langue française, généraliste et ouverte à la diversité théorique et méthodologique, Les politiques urbaines en région bruxelloise, Postface au Dossier « Penser l’espace en sociologie », Publier en français dans un monde globalisé : raisons et déraisons, La consistance des êtres collectifs. (2) En s’interdisant de préjuger de manière totalisante de l’écrasement du vécu par des structures de domination, ou de son enfermement dans des routines stabilisées, l’expérience spatiale se trouve potentialisée, pour reprendre un terme avancé par Luca Pattaroni. Si les sciences dites dures (physique, mathématiques) ont construit des définitions claires de la notion d'« espace », une définition précise de l'espace tel qu'étudié par les sciences sociales, car dépendante notamment de son point de vue sur la géographie, a mis du temps à être formulée. 17En s’appuyant sur cette focale, la sociologie de l’espace semble pouvoir accomplir le geste que Boaventura de Sousa Santos appelle de manière générale. Note portant sur l’auteur1 PENSER L’ESPACE AUTREMENT… Les rapports entre les espaces sociaux et les territoires politiques posent problème. Dans son Penser au Moyen-Âge, Alain de Libéra a beaucoup aidé à dévoiler l’arbitraire de ce regard sur un espace en fait continu de la pensée couvrant ce que j’appelle l’espace méditerranéen. Villes sociétés et action publique » de l’Association internationale des sociologues de langue française organise un colloque sur la sociologie et l’espace à Tours les 3 et 4 juillet 2014, en À propos de la marche, Rachel Thomas écrit ceci : « Le rapport du passant à l’espace public urbain (qu’il prenne la forme d’une déambulation, d’une course marchande ou encore d’un vagabondage nocturne) engage, de notre point de vue, sa perception, les capacités d’expressivité de son corps et ses modes d’attention. Dans le cadre des Amphis des lettres au présent, en partenariat avec l'UFR Lettres et langues de l'université de Poitiers. Villes, sociétés et action publique » de l'AISLF organise à Tours, en collaboration avec l'université de Tours, l'UMR CITERES (équipe COST), le Centre Max Weber (Université Lyon II) et le Lab'Urba (Université Paris-Est), les 3 et 4 juillet 2014, un colloque intitulé « Penser l'espace en sociologie. Enjeux théoriques et pratiques de recherche », qui portera sur les questions suivantes : pourquoi la sociologie a-t-elle longtemps délaissé la question de l'espace ? Une consistance qui autorise alors des stratégies, des prises de risque autrement improbables. 18Le texte sur la scénographie muséale est celui qui sans doute s’intègre le moins dans les convergences que j’ai fait remarquer à propos de « de qui on parle ». Le « Pas encore » a une signification (comme possibilité), mais dans un sens non déterminé parce qu'il peut se terminer soit dans l'espoir soit dans le désastre. 22Trois petites remarques encore sur le statut, disons épistémologique, de ce texte, un statut qui se situe souvent en toile de fond des autres textes mais qu’il manifeste le plus explicitement. [Full text]. Y porter attention, les « prendre au sérieux » comme le revendique le texte. URL : http://journals.openedition.org/sociologies/5592, Université Libre de Bruxelles (Belgique) - jgenard@ulb.ac.be. Ici, ce sont les relations entre sociologie et géographie qui sont explorées dans une perspective sans doute moins ambitieuse, mais plus précise. Et qui institue lui-même ses propres exigences, ses propres codifications, ses propres vecteurs de socialisation. Vivre un espace, faire une expérience spatiale… ce n’est pas essentiellement projeter sur cette expérience des représentations intériorisées ou subir des représentations spatiales matérialisées… Faire une expérience spatiale c’est plutôt ou aussi ce à partir de quoi, ce dans quoi peuvent se manifester, se révéler, se construire, se produire, s’activer des souvenirs, des émotions, des représentations, des désirs, des frustrations, des révoltes… Il est significatif que le texte qui, dans le Dossier, situe le plus ses réflexions dans un cadre de structures sociales globales, celui sur les mobilités pensées dans le cadre de la compression de l’espace-temps en régime de globalisation, en vienne à insister sur la variabilité, l’ouverture et l’indéterminabilité a priori des « expériences » de la mobilité. 6Je chercherai d’abord à expliciter quelque peu ce point de vue à partir des voies ouvertes ou appelées par ce Dossier. Mais elle est aussi liée à la nécessité de repenser sans cesse l’espace en relation avec les autres disciplines qui accordent à cet enjeu la même prééminence. 9Parce qu’ils ne sont ni des « choses », ni simplement des « contenants », l’espace et le temps se vivent dans la sensibilité. L’amplification des différentes formes de mobilité spatiale est-il, comme le pensent certains sociologues (John Urry par exemple), un facteur de transformation radicale des sociétés humaines ? (5) Certaines expériences spatiales portent un potentiel critique mais celui-ci peut tout à fait se manifester dans des pratiques spatiales, sans pour autant se revendiquer de contestations discursives, ou simplement obéir à des « programmes ». Une telle amplification symbolique est, au fond, une sorte d'imagination sociologique permettant de mieux connaître les conditions de possibilité de l'espoir et de mieux définir les principes d'action promouvant la satisfaction desdites conditions… La sociologie des émergences agit à la fois sur les possibilités (potentialité) et sur les capacités (puissance). La dynamique du projet en design considère qu’on ne regarde pas simplement les choses et qu’on les met en action dans une pensée de projet. Nous pouvons nous servir de cette notion pour poser ou approfondir un certain nombre de questions théoriques. La sociologie urbaine doit-elle être redéfinie comme une sociologie de l'espace ? Lyon : Presses universitaires de Lyon, 2019 (généré le 02 janvier 2021). Postface au dossier "penser l'espace en sociologie" par Genard, Jean Louis Référence SociologieS Publication Publié, 2016-06. 10Toutefois, en parcourant les différents textes du dossier, nous ne nous trouvons pas tout à fait dans ce type d’approche. La tournée du chauffeur-livreur», Revue d'anthropologie des connaissances, vol. 2, n° 1, pp. 37-62 - [En ligne] www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2008-1-page-37.htm . Article révisé par les pairs. Lefebvre, H. 1972. De Sousa Santos B. Les propositions qui envisagent la question de l’espace en sociologie à partir d’autres points de vue que ceux correspondant à ces trois axes pourront être examinées avec intérêt. Les propositions sont attendues pour le 15 mars 2014 au plus tard et doivent : Les communications seront sélectionnées par un comité constitué de Jean-Yves Authier, Alain Bourdin, Dana Diminescu, Yankel Fijalkow, Oliver Frey, Annick Germain, Yves Grafmeyer, Marie-Pierre Lefeuvre, Joao Pedro Nunes, Nicolas Oppenchaim, Monika Salzbrunn. Tous les textes assument en fait, sans la revendiquer explicitement, une approche socio-cognitiviste des émotions qui justifie qu’elles peuvent et doivent être saisies en contexte et en situation (contexte renvoyant à un niveau macro, situation à un niveau micro). Le texte proposé par le collectif Rosa Bonheur se conclut significativement ainsi : « ce qui nous permet d’affirmer que la dimension spatiale des ressources sociales est l’une des modalités de résistance des classes populaires à la domination ». 2-12067, You will be redirected to OpenEdition Search, A digital resources portal for the humanities and social sciences, Socio Espace appel à communications Cr2aislf.pdf, Search 45,699 events. Telle est la conviction du spécialiste de l’espace urbain Jean Remy, qui a développé au fil de sa carrière une approche méthodologique pour étudier le rôle de l’espace dans la vie collective. Cette sociologie de l’espace aide-t-elle à penser la ville contemporaine ? Boltanski L. (2009), De la Critique. Comment situer la sociologie dans le mouvement contemporain de transformation de la pensée sur l'espace ? Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2006 (généré le … Les expériences de « commons » revendiquent souvent pour elles-mêmes, selon des modalités variables, cette « émergence », là où l’expérience roubaisienne, pourrait-on dire, se « contente d’émerger ». Conférence de Stéphane Beaud, agrégé de sciences sociales, professeur de sociologie, université de Poitiers. Bref, en filigrane pourrait se dégager là un programme de recherche qui se montrerait attentif au fait que, dans ce Dossier, ceux dont on parle majoritairement ne sont pas convoqués au hasard : occupants des bidonvilles, SDF, prisonnières, populations démunies socialement, participants aux mouvements sociaux du type « indignés ». Constatant que la pensée de l’espace en sociologie n’est ni marginale ni secondaire ni purement métaphorique, nous voulons donner un aperçu de sa vitalité. 1 Cette remarque est nécessaire pour comprendre l’occurrence du mot « eurocentriste » dans la citation. Elle naît de la confrontation permanente à la question de l’espace, à la fois empirique et conceptuelle, interne à la sociologie urbaine. 19Plutôt que de m’intéresser aux échecs, je vais maintenant me tourner vers ce que Boaventura De Sousa Santos vise en parlant d’absence et surtout d’émergence. Penser les frontières sociales : Enquêtes sur la culture, l’engagement et la politique. Les apports et débat théoriques sont bienvenus du moment qu’ils éclairent la démarche sociologique. Comme le propose le texte de Luca Pattaroni, il s’agit de penser ensemble l’expérience spatiale et ce qu’il appelle l’institution du commun, ce que le texte de présentation du dossier rédigé par Jean-Yves Authier, Alain Bourdin, Annick Germain et Marie-Pierre Lefeuvre identifie en parlant de « structures ». 1Ce numéro voudrait contribuer, sur plusieurs points, au projet pluridisciplinaire de Sociétés Contemporaines.Dès son premier numéro, en 1990, la revue publiait en effet un dossier portant sur les relations entre histoire et sociologie. 12On retrouve somme toute une difficulté assez semblable à celle d’Henri Lefebvre chez Martina Löw. Mais nous le savons aussi « pratiquement » dès lors que nous pensons à ou que nous ressentons ces « passions » extrêmes que sont la claustrophobie, l’agoraphobie, le vertige, la peur de la vitesse… ou, pour prendre des passions positives cette fois, l’attrait du vide qu’expérimente le parachutiste, celui des grands espaces ou du large que recherchent l’aventurier, le randonneur, le marin… ou encore la griserie de la vitesse ou de la glisse… Là se révèle de manière en quelque sorte « épurée » ce caractère directement expérientiel de l’espace. Ville, société et action publique" de l’AISLF organise à Tours, les 3 et 4 juillet 2014, un colloque intitulé "Penser l'espace en sociologie". Le comité de recherche « Sociologie urbaine. « Le ‘big man’ local ou la ‘gestion coup d’État’ de l’espace public », Politique africaine, n° 80, décembre 2000. La logique du progrès est ainsi remplacée par la logique du soin. Ces positionnements sont sans doute révélateurs des évolutions récentes de la sociologie de l’espace bien sûr, comme y insistent les auteurs dans leur introduction, mais aussi de la discipline sociologique. Ceux qu'impressionnentles brevets de scientificite que Penser la sociologie non pas comme un objet simplement à regarder, mais comme un projet à réaliser. Le texte sur la mémoire des bidonvilles est à cet égard éclairant, montrant comment des mises en situation sont susceptibles d’activer l’expérience spatiale, en l’occurrence comment ces mises en situations concrètes sont susceptibles d’activer des représentations mémorielles, à partir des émotions suscitées dans le rapport à l’espace. 4Chacun des textes, que ce soit l’analyse du confinement carcéral ou celle des processus participatifs, met tout d’abord en évidence le fait que l’espace ne peut pas être saisi comme un « contenant ». Dans un premier temps, un ensemble de 20 à 30 propositions sera retenu. Villes, sociétés et action publique » de l'AISLF organise à Tours, en collaboration avec l'université de Tours, l'UMR CITERES (équipe COST), le Centre Max Weber (Université Lyon II) et le Lab'Urba (Université Paris-Est), les 3 et 4 juillet 2014, un colloque intitulé « Penser l'espace en sociologie. Thomas R. (2004) « Quand le pas fait corps et sens avec l’espace.
Aspects sensibles et expressifs de la marche en ville », Cybergeo : European Journal of Geography, Dossiers, 3ème colloque du Groupe de Travail Mobilités spatiales et fluidité sociale (GT23), « Offre urbaine et expériences de la mobilité », Strasbourg, France, 20-21 et 22 mars 2003. Les contenus de la revue SociologieS sont mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 France. De penser ensemble une expérience spatiale qui se manifeste aussi dans la sensibilité, mais une expérience qui se construit dans la coordination avec d’autres êtres, « humains et non humains » comme on dit maintenant. Les contributions présentées ici ont été rassemblées à la suite d’un colloque intitulé « Penser l’espace en sociologie », tenu à Tours en 2014. Penser l’espace en sociologie Enjeux théoriques et pratiques de recherche Le Comité de recherche « Sociologie urbaine. 7 Pour conclure cette revue rapide de la prise en compte de l’espace dans les encyclo­pédies et dictionnaires de sociologie, on peut regarder avec un certain amusement l’ar­ticle “Sociology of space”, de l’encyclopédie collaborative Wikipedia en anglais. Tandis que la sociologie des absences dilate le présent en ajoutant à la réalité existante ce qui a été soustrait par la raison dominante eurocentriste, la sociologie des émergences étend le présent en ajoutant à la réalité existante les possibilités futures et les espoirs que ces possibilités suscitent…La sociologie des émergences consiste à accroître symboliquement l'importance des connaissances, des pratiques et des acteurs en vue d'identifier les tendances du futur (le « Pas encore »), sur lesquelles il est possible d'augmenter la probabilité d'espérance contre la probabilité de frustration.

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